La plomberie sans soudure permet de raccorder du cuivre, du PER ou du multicouche sans chalumeau, à l’aide de raccords mécaniques. Pour obtenir une installation étanche, le choix ne dépend pas seulement du tube : il faut aussi tenir compte de l’usage, de l’accessibilité future et de l’outillage. Un raccord pratique sous un évier n’est pas forcément adapté derrière une cloison.
Partir du chantier avant de choisir le raccord
Créer une arrivée de lave-linge, prolonger un réseau cuivre et alimenter une douche encastrée présentent des contraintes différentes. Avant tout achat, identifiez le matériau existant, son diamètre extérieur, l’état du tube et la place disponible pour travailler. Vérifiez ensuite les pressions et températures admises par le système envisagé, ainsi que son aptitude à l’eau potable pour un réseau sanitaire.

Cuivre, PER ou multicouche : conserver une logique de réseau
Le cuivre peut recevoir des raccords à olive, automatiques ou à sertir compatibles. Sa surface doit être saine : un tube écrasé, rayé à l’emplacement du joint ou fortement corrodé ne constitue pas un support fiable. En rénovation, mieux vaut recouper jusqu’à une portion intacte plutôt que multiplier les tentatives de serrage.
Le PER convient à la distribution sanitaire lorsque sa classe d’application le permet. Pour le chauffage, le PER BAO, doté d’une barrière anti-oxygène, limite le passage d’oxygène à travers le tube. Le multicouche constitue une autre solution pour l’eau chaude, l’eau froide et certains circuits de chauffage, selon les caractéristiques du produit.
Les limites thermiques ne sont pas universelles : Castorama évoque 65 °C pour le PER présenté, tandis qu’Eco-bricolage mentionne 90 °C pendant quelques minutes pour certains tubes. Ces indications ne remplacent jamais la classe d’application et les limites inscrites dans la documentation du tube choisi.
Prévoir dès maintenant l’accès aux assemblages
Les raccords démontables doivent rester accessibles. Sous un évier, une liaison à compression peut faciliter une intervention ultérieure. Derrière une douche, privilégiez si possible un tube continu jusqu’au point de raccordement accessible. Certains raccords permanents peuvent être dissimulés, mais uniquement dans les conditions autorisées pour le système et le mode de pose.
Comparer les raccords sans confondre leurs compatibilités
La plomberie sans soudure remplace la brasure par une liaison mécanique. Elle supprime la flamme et les risques associés au chalumeau, mais pas les exigences de préparation. Un raccord annoncé pour le multicouche n’accepte pas automatiquement le PER ou le cuivre de même diamètre.
| Famille | Compatibilité | Outils | Démontage et pose |
|---|---|---|---|
| Compression ou olive | Cuivre ; autres tubes avec raccord dédié | Clés adaptées | Démontable, à garder accessible ; bague pas nécessairement réutilisable |
| Automatique, ou push-fit | Selon modèle et éventuel insert | Préparation du tube, parfois outil de déconnexion | Démontabilité et dissimulation selon système ; accès à privilégier |
| Fileté ou union | Raccords et équipements munis d’embouts correspondants | Clés adaptées | Démontable, accessible ; étanchéité selon conception |
| À sertir | Cuivre, PER ou multicouche selon gamme | Pince et mâchoire compatibles | Permanent ; encastrement uniquement si autorisé |
Le raccord à olive comprime une bague autour du tube. Le push-fit associe généralement une griffe de retenue et un joint torique : l’insertion complète et l’absence de rayure sont essentielles. Le sertissage déforme une douille avec un outil dédié ; le profil de mâchoire doit correspondre exactement aux prescriptions du raccord.
Certains systèmes PER utilisent un raccord à glissement, posé avec un outillage spécifique. Pour raccorder du cuivre à du PER ou au multicouche, utilisez une transition explicitement prévue. Des raccords EK sont présentés comme « 3 en 1 », mais leurs diamètres, inserts et conditions d’emploi doivent être vérifiés avant achat.
Préparer les achats et l’outillage sans suréquiper le chantier
Pour une réparation accessible, la compression évite généralement l’achat d’une sertisseuse. Pour plusieurs raccordements permanents, le sertissage peut devenir plus pertinent. Eco-bricolage indique un coût de 80 à 200 € pour une pince à sertir, et jusqu’à 1 200 € pour certains modèles à batterie. Comparez achat et location en vérifiant les mâchoires incluses.
Référence officielle sur les appareils sanitaires et l’eau chaude – Consultez le NF DTU 60.1 dédié aux exigences de mise en œuvre des appareils sanitaires et des équipements de production d’eau chaude sanitaire.
- Mesure et coupe : mètre, feutre et coupe-tube adapté au cuivre, au PER ou au multicouche.
- Préparation : ébavureur, calibreur et outil de chanfreinage lorsque le système les exige.
- Assemblage : clés pour la compression, pince et mâchoires pour le sertissage, outil spécifique pour le glissement.
- Pose et contrôle : colliers, fixations adaptées au support et matériel d’essai avec manomètre.
Prévoyez les coudes, transitions, sorties et éventuelles douilles de renfort à partir d’un croquis. Ne déduisez pas le diamètre nécessaire du seul raccord disponible : le débit attendu, la longueur du parcours et les puisages simultanés comptent aussi. Pour une extension importante, faites vérifier le dimensionnement.
Réaliser l’assemblage dans le bon ordre
- Couper l’alimentation et dépressuriser. Fermez la vanne appropriée, ouvrez un robinet et vidangez la portion concernée. Sur un circuit chaud, laissez refroidir avant intervention.
- Mesurer et couper perpendiculairement. Tenez compte de la profondeur d’emboîtement. Utilisez un outil adapté sans écraser le tube.
- Préparer l’extrémité. Ébavurez le cuivre ; calibrez et chanfreinez le multicouche lorsque la notice le prévoit. Retirez les copeaux et inspectez la zone recevant le joint.
- Assembler selon la notice. Positionnez écrou et bague pour une compression, ou marquez la profondeur d’insertion pour un raccord automatique ou à sertir. Vérifiez l’emboîtement complet avant fixation définitive.
- Serrer ou sertir. Maintenez le corps du raccord avec une seconde clé si nécessaire. Pour le sertissage, contrôlez le profil, le diamètre et la position de la mâchoire.
- Fixer sans mettre en contrainte. Soutenez les tubes, respectez leurs rayons de courbure et ménagez leur dilatation.
Évitez les recettes universelles : le quart de tour après serrage manuel, cité pour certains raccords à compression, ne s’applique pas à tous les modèles. De même, n’ajoutez pas de ruban d’étanchéité sur une olive ou un joint torique : ces éléments assurent eux-mêmes l’étanchéité prévue.
Pensez aussi à l’onde de pression produite par la fermeture rapide d’un robinet ou d’une électrovanne. Un tube mal soutenu peut bouger et solliciter ses raccords, même sans fuite initiale. Des fixations adaptées et un tracé sans tension protègent donc l’assemblage ; si des claquements persistent, faites rechercher leur cause plutôt que resserrer systématiquement les écrous.
Contrôler l’étanchéité avant de refermer ou de remettre en service
Une absence de goutte immédiate ne remplace pas un essai d’étanchéité. Effectuez le contrôle selon le protocole applicable au réseau et au système : fluide d’essai, pression, durée et critères d’acceptation. Les valeurs de 3 bars et 30 minutes citées par Eco-bricolage ne constituent pas une procédure universelle.
Lors du remplissage prévu par ce protocole, procédez progressivement et purgez l’air. Inspectez chaque assemblage, notamment avec un papier sec pour repérer une humidité discrète. Une fuite ou une baisse de pression inexpliquée impose de rechercher le défaut. Dépressurisez avant toute correction, puis recommencez le contrôle.
Ne fermez aucune cloison avant validation de l’installation et vérification des conditions d’encastrement. Conservez les références des composants et des photos du parcours. Une installation sans soudure peut être durable et fiable, à condition de respecter l’ensemble du système, pas seulement la technique d’assemblage.
Enfin, n’utilisez jamais un raccord sanitaire ordinaire pour le gaz. Celui-ci exige des systèmes spécifiquement admis et des règles de mise en œuvre propres. En cas de réseau dégradé, d’identification incertaine ou de pose cachée difficile à contrôler, faites intervenir un plombier.



